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Une question ?   | Mots-clés : Brèves d'archives - Généalogie - Challenge de A à Z - Première Guerre mondiale

Brèves généalogiques et archivistiques. Trop anecdotiques pour www.daieux-et-dailleurs.fr , mais qui ne pollueront plus (moins) @daieuxdailleurs !
News flash about archives and genealogy by a French archivist

#ChallengeAZ - Fille et mère
Certains brins de l’éventail manquent, et manqueront sans doute à jamais…
Fille mère. Femme qui, sans être mariée, à des enfants, dixit Emile Littré
Fille libre, voit-on parfois dans les recensements de population du XIXe siècle.
Sous l’Ancien Régime, les filles enceintes sont tenues de faire une déclaration de grossesse, afin de lutter contre les avortements, les abandons ou les infanticides… La permanence de ces déclarations de grossesse (aux Archives départementales en série B pour l’Ancien Régime, en série L puis U à partir de la Révolution ; aux archives municipales, en série FF pour l’Ancien Régime, voire en série I pour la période suivante) varie selon les lieux et les périodes.
Oserais-je avoué que j’ai trouvé l’équivalent de déclarations de grossesse dans un fonds d’archives communales au milieu du XXe siècle (Archives communales de Montournais, Vendée)…
[les femmes qui suivent sont toutes des ancêtres directes ; en gras celles dont l’enfant naturel en question est également un ancêtre direct]

Louise LE DRIAN, en 1722 à Kervignac (Morbihan). Découverte toute récente faite grâce à Facebook fin mars.

Françoise LE ROLLAND, en 1727 à Berhet et en 1737 à Cavan (Côtes-d’Armor).

Julienne BIGOT, en 1747, à Nantes (Loire-Atlantique). Parce qu’on peut être issue de la bourgeoisie normande, et reconnaître une fille illégitime deux ans après sa naissance…

Jeanne ALLANIOU en 1777 à Sarzeau (Morbihan).

Jeanne RENARD en 1792 à Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher).

Élisabeth BRICQUET en l’an VIII à Givenchy-en-Gohelle (Pas-de-Calais).

Marie Hyacinthe CAUSER en 1809 à Ploemeur (Morbihan). Qui ne se maria a priori pas (aucune mention sur son acte de décès, alors que sa filiation est donnée).

Françoise AUBERT en 1811 à Sassay (Loir-et-Cher). Son époux sera par la suite considéré comme “beau-père” de sa fille. Comme quoi, les recompositions familiales, ça ne date pas d’aujourd’hui.

Fille et mère, de mère en fille ? Il s’en est fallu de peu pour Marie Josèphe ALLANIOU, qui accouche deux mois après son mariage (an XIII, Sarzeau, Morbihan), Bonne Augustine BRICQUET, qui accouche 4 mois après son mariage (1822, Ablain-Saint-Nazaire, Pas-de-Calais).

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Certains actes de naissance ou baptême en disent un peu plus :

  • l’acte de baptême de la fille de Jeanne RENARD précise, en 1792, que la fille est “de Jacques BAILY domestique d’après la déclaration qu’en a faite Jeanne RENARD”. Malheureusement la qualité de l’acte a pour le moment empêché de lire totalement la date de la déclaration de grossesse…
  • dans l’Orne, je suis tombée sur un acte de baptême d’une petite fille, née d’une servante de Mayenne, revenue accouchée à Saint-Front.

Non seulement l’arbre est un peu moins touffu lorsqu’une jeune fille non mariée accouche d’un enfant de père inconnu… mais en plus cela complique aussi les recherches concernant la mère :

  • s’est-elle mariée après ? pas toujours…
  • si elle ne s’est pas mariée, comment être sûr de l’acte de décès ? les femmes sont peu fréquentes voire pas autorisées pour certaines périodes à être témoins des actes (et mes filles-et-mères ont une grosse tendance à donner naissance à des filles), et les homonymies sont courantes.

Au fait, comment appelle-t-on les veuves et mères ? Parce que ma chère Annette BURANDE, veuve à partir de 1878, a donné naissance en 1888 et 1890 à deux garçons (Paris) !

Et pour terminer, une anecdote qui pousse à se demander dans quelle mesure le commun des mortels montrait-elle vraiment du doigt ce qui déplaisait fortement au clergé et aux classes supérieures (pourtant loin d’être blanches…) : Antoine FLAMENT (1781-1851) épouse en premières noces une certaine Florentine HACCART, fille naturelle… Veuf, il se remarie un an plus tard avec une petite jeune (20 ans de moins), Bonne Augustine BRICQUET, fille naturelle… tout ceci n’a semble-t-il pas du tout entaché sa réputation, puisque le cultivateur, débitant de tabac puis brasseur, est maire de sa commune entre 1836 et 1846, à une époque où le maire est nommé par le préfet.

Voir aussi : Elle a fait un bébé toute seule. Déclaration de grossesse (sur Geneawiki). Illustration de la Bibliothèque universitaire de santé, via Gallica.

— il y a 1 an avec 1 note
#généalogie  #challengeaz  #femmes  #fille mère 
  1. daieuxetdailleurs a publié ce billet